Tuesday, February 5, 2013

UBS ne paie «plus de bonus en cash de plus d'un million»

UBS revoit son système de bonus: la part versée en espèces est réduite pour faire place à des obligations à cinq ans. Celles-ci perdront toute valeur si, comme en 2008, la part des fonds propres au bilan devient insuffisante. Désormais, la part du bonus versée en espèces «n'excédera plus 20% pour les membres de la direction et 40% pour les autres cadres», ont indiqué mardi les responsables de la grande banque. Le solde sera versé pour moitié en actions et pour moitié en obligations convertibles d'un genre particulier: les «CoCos».

Le versement de «Contigent Convertible Bonds» est au coeur du nouveau système de bonus d'UBS (UBSN 15.65 0.19%) . En principe, les «CoCos» attribuées aux 6500 collaborateurs d'UBS qui gagnent plus de 225'000 francs et qui ont droit au versement d'un bonus porteront intérêts pendant 5 ans. Elles seront ensuite remboursées à leur valeur nominale.

Mais il y a un effet guillotine. Ces obligations perdront toute valeur si, durant ces cinq ans en question, le ratio de fonds propre de la banque vient à reculer sous la marque des 7%.

Un matelas en cas de crise

Architecte de ce nouveau système de bonification, le président du Conseil d'administration Axel Weber a relevé mardi que si UBS avait eu un tel modèle au moment de la crise de 2008, «toutes les obligations convertibles (CoCos) distribuées entre 2003 et 2008 seraient devenues sans valeur».

«Cela aurait représenté des milliards» qu'UBS n'aurait plus eu à payer à ses cadres au titre de bonus. Et cela aurait réduit d'autant la contribution de la Confédération au sauvetage de la banque, a expliqué en substance l'ancien président de la banque centrale allemande.

Centré sur la performance à moyen terme

En adoptant ce système, UBS suit les recommandations définies par la Commission européenne sous la conduite du chef de la banque centrale finlandaise Erkki Liikanen. Selon la banque suisse, ce système permet de mieux concilier les intérêts des collaborateurs et des actionnaires. Il a aussi pour vertu de replacer les objectifs de performance dans une perspective à moyen terme.

Selon les analystes interrogés par le Tages-Anzeiger, les «CoCos» attribuées aux collaborateurs d'UBS devraient porter 4% à 4,5% d'intérêts par année. Le cas échéant, les cadres de la banque seraient moins bien lotis que les investisseurs qui ont acquis début 2012 les obligations «Low Trigger» d'UBS: celles-ci ne perdraient leur valeur que si les fonds propres viennent à tomber en dessous de 5% et leur coupon est de 7,25%.

2,5 milliards de francs pour les bonus

Dans le nouveau système, même la part du bonus versé en actions ne pourra pas être immédiatement vendue pour toucher du liquide. Pour les cadres supérieurs, le délai de détention des actions a été porté de 2,7 à 4,5 ans, a dit Axel Weber.

Autre point central du nouveau système, la part du bonus versée en espèces «n'excédera plus 1 million de francs», a souligné le président du conseil d'UBS. «Tout ce qui va au-delà ne sera versé que trois à cinq ans plus tard et ce, uniquement si le développement des bénéfices se révèle durable», a-t-il ajouté.

Globalement, le montant réservé par UBS pour les rémunérations à la prestation s'élève, pour 2012, à 2,5 milliards de francs. Un montant en recul de 7% par rapport à l'exercice précédent.

Selon le Financial Times, UBS fait oeuvre de pionnier dans la redéfinition du système de bonification des cadres. D'autres banques devraient suivre son exemple, selon les analystes interrogés par le quotidien économique britannique. Ils s'attendent à ce que Credit Suisse (CSGN 26.57 1.61%) notamment introduisent un système analogue. (Newsnet)

Créé: 05.02.2013, 16h40

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