Ainsi, en 2008, lors d'une rencontre entre l'ex-président français Nicolas Sarkozy et le Dalaï-lama, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, avait affirmé que les relations commerciales bilatérales franco-chinoises pourraient en souffrir, tandis que les appels à boycotter les produits français avaient ressurgi sur internet, rappelle le magazine L'Express.
Dans la foulée, Bernard Arnault, PDG du géant du luxe français LVMH, avait dû rappeler, dans un entretien accordé au Figaro, que «la volonté du groupe a toujours été, et demeure, de ne s'impliquer dans aucune cause religieuse ou politique», dénonçant les appels au boycott des produits français.
Des négociations qui traînent
La visite en Suisse ces jours-ci s'inscrit dans un contexte particulier: les deux pays négocient depuis 2010 un accord de libre-échange. Or, le conseiller fédéral chargé de l'Economie Johann Schneider-Ammann avait espéré l'été dernier qu'elles aboutissent avant fin 2012.
Mais les discussions se prolongent, s'achoppant sur les droits de douane chinois dans le secteur industriel, l'ouverture du marché suisse aux produits agricoles chinois et les droits humains.
«La Chine, si elle hausse la voix lors de contacts avec le Dalaï-lama, a tout intérêt aussi à continuer à entretenir des relations commerciales avec la Suisse», expliquait en 2010 au Temps Mario Fehr (PS/ZH), président du groupe parlementaire Suisse-Tibet. Entre 1981 et 2010, la balance commerciale entre les deux pays est passée du quasi équilibre à un excédent de près de 2 milliards de dollars en faveur de la Suisse.
Investissements massifs
Et les géants chinois multiplient les investissements dans l'Empire du milieu. Givaudan a lancé jeudi la construction d'un site de production d'arômes à Nantong (Est de la Chine), un investissement de 50 millions de francs.
Plus qu'un boycott des produits suisses par les consommateurs chinois, c'est donc la réaction des autorités que craignent les membres du Conseil fédéral. Alors que les négociations traînent en longueur, un nouveau retard de la signature de l'accord de libre-échange serait du plus mauvais effet.
Cette crainte n'a toutefois pas refroidi Maya Graf: la présidente du Conseil national devrait rencontrer le Dalaï-lama le 16 avril au Palais fédéral. Une première pour le dignitaire tibétain. Pour le moment, aucune réaction officielle chinoise n'a été publiée. (Newsnet)
Créé: 12.04.2013, 14h43
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