Sunday, April 7, 2013

Plusieurs avocats suisses sont impliqués dans les Offshore Leaks

Les banques ne sont pas les seules concernées par les Offshore Leaks. Cette masse de données révèle que plusieurs avocats, notamment du cabinet Lenz & Staehelin ont aidé des clients comme Gunter Sachs ou Elie de Rothschild à effectuer des montages financiers. Les montages financiers, une pratique qui a longtemps constitué «un sport national», comme le relève un professeur de droit bancaire genevois dans Le Matin Dimanche. Et dans laquelle plusieurs avocats suisses excellaient à en croire les nouvelles révélations de l'hebdomadaire dominical. Beat von Rechenberg, président de l'Association suisse des avocats estime que près de 200 à 300 des membres, sur 9000 seraient concernés.

Parmi eux, Max Baumann, avocat et professeur de l'université de Zurich jusqu'en 2011, qui a créé en 2002 l'After Trust aux îles Cook pour le compte du producteur italien Goffredo Lombardo, producteur notamment du «Guépard», avec Alain Delon. Les actifs de ce dernier, évalués à plus de sept millions de francs étaient cachés dans le coffre d'une banque zurichoise, avant qu'ils ne reviennent au fils de l'acteur lors de son décès en 2005.

Peter Hafter, un avocat doué en affaire

Si Max Baumann, professeur d'université, est un cas isolé, un cabinet sort du lot. Celui de Lenz & Staehelin qui possède notamment des bureaux à Lausanne ainsi qu'à Genève et emploie une centaine d'avocats.

Au moins six avocats travaillant ou ayant travaillé chez Lenz & Staehelin auraient participé à des montages financiers dans des places offshore, révèle Le Matin Dimanche. Parmi eux, un nom se dégage. Celui de l'avocat zurichois Peter Hafter, désormais âgé de 83 ans, il était un des avocats phare du cabinet et avait notamment défendu Elisabeth Kopp.

Le nom du Zurichois ne figure pourtant pas dans les Offshore Leaks pour ses prouesses au barreau, mais plutôt pour son sens aiguisé des affaires. Les documents montrent que l'avocat «a participé au montage financier de quelques-unes des plus grandes fortunes d'Europe», d'Elie de Rothschild à Gunter Sachs, en passant par l'industriel Hans Heinrich Thyssen.

C'est Peter Hafter qui ouvre, via Portcullis Trustnet, la société à responsabilité limitée Triton Limited, la société écran Trantris Limited qui s'ajoutera à d'autres, et cinq trusts dans les îles Cook, pour le compte de Gunter Sachs. Tout en s'arrangeant pour que le nom de ce dernier n'apparaisse pas sur les papiers.

En tant que trustee il se charge avec la société Galaxar SA de gérer les valeurs patrimoniales de Gunter Sachs pour le compte de ses bénéficiaires ( beneficiaries). Des bénéficiaires qui ne sont autres que les trois fils de Gunter Sachs et lui-même. Jusque là rien d'illégal, sauf que dans ses déclarations fiscales, le célèbre photographe allemand ne déclare aucun trust ni aucune société écran et ne paie en Suisse aucun impôt sur le revenu.

«On ne monte pas des trusts juste par altruisme», souligne Christian Wanner, président de la Conférence des directeurs cantonaux des Finances dans les colonnes de l'hebdomadaire. D'ailleurs, l'administration fiscale bernoise annonce qu'elle va «réexaminer le dossier de Gunter Sachs». Même si Peter Hafter a réagi en affirmant que «l'ensemble du patrimoine de Gunter Sachs au moment de sa mort a été signalé aux autorités fiscales concernées.»

De riches et malins clients

Mais l'avocat zurichois n'a pas seulement prêté ses connaissances au photographe allemand, il a également travaillé pour le Baron Elie de Rothschild, pour lequel il a mis en place dix-huit trusts aux îles Cook. Et il était un des directeurs, avec l'avocat Patrick Oesch de la société Nautilus Trustee Limited dans les îles Cook, créée dans les années 90 pour le compte du baron Hans-Heinrich Thyssen-Bornemisza (décédé en 2002) et de son épouse Carmen. Cette société a permis à Carmen de poursuivre sa collection de tableaux de maître, dont une part est déjà abritée au sein de plusieurs trusts aux Bermudes, en toute discrétion.

En effet, via cette société écran, Carmen a acheté entre 1995 et 2002 une vingtaine d'oeuvres d'art, ensuite envoyées vers le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid. Ainsi ces oeuvres n'ont pas été considérées comme faisant partie de sa collection privée et ont été exemptées de taxes.

«Les conseils avisés de ses avocats lui ont permis d'économiser au minimum entre 10 et 15 millions d'euros par an», écrit Le Matin Dimanche. Ajouté aux deux millions au moins d'économies annuelle effectuées par le biais des trusts, l'investissement de ces structures est rentable. Et la dame continuerait à faire des économies d'impôt. Pour les riches contribuables, les avocats semblent aussi efficaces que les banques.

(Newsnet)

Créé: 07.04.2013, 10h14

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