Tuesday, May 21, 2013

Ces œuvres d’art qui se vendent à prix record

A quelques semaines d'Art Basel, le marché de l'art moderne et contemporain semble pris d'une frénésie de records: plusieurs oeuvres viennent de s'adjuger à des tarifs très élevés. 43,84 millions de dollars pour «Onement VI» du peintre américain Barnett Newman; 37,1 millions de dollars pour «Domplatz, Mailand» de l'Allemand Gerhard Richter; 58,4 millions de dollars pour «Number 19», 1948, de Jackson Pollock; 48,8 millions de dollars pour «Dustheads», de Jean-Michel Basquiat. En moins de 48h, le marché de l'art contemporain a fait exploser les records lors de ventes chez Christie's et Sotheby's à New York.

Lors de la vente chez Christie's mardi dernier, pas moins de neuf oeuvres ont dépassé les 10 millions de dollars chacune, 23 autres étant parties entre 5 et 10 millions de dollars. Le total des ventes ce soir-là s'est établi à 495'021'500 dollars.

«Nouvelle ère sur le marché de l'art»

«C'est la vente aux enchères la plus élevée de l'histoire dans le domaine de l'art», s'est exclamé, presque incrédule, Brett Gorvy, chef du département de l'art d'après-guerre et contemporain chez Christie's. Pour lui, ce record est symptomatique de l'entrée dans une «nouvelle ère sur le marché de l'art, où les collectionneurs chevronnés et les nouveaux enchérisseurs rivalisent au plus haut niveau, dans le cadre d'un marché mondial».

Certes, toutes les oeuvres mises en vente cette semaine n'ont pas trouvé preneur: chez Sotheby's, «Study for Portrait of P.L» de Francis Bacon, est restée sur le carreau, de même que deux oeuvres de Jeff Koons.

Des oeuvres rares sur le marché

Certes aussi, le caractère exceptionnel des oeuvres présentées peut contribuer à expliquer ces records. Koji Inoue, de Christie's, note ainsi, pour «Number 19» de Jackson Pollock, qu'«une oeuvre de ce genre ne s'était pas retrouvée sur le marché depuis de vingt ans».

«Le prix d'une oeuvre se calcule selon la renommée de son auteur, la place qu'elle occupe dans la carrière de l'artiste et dans l'histoire de l'art, son pedigree, son état général et, bien sûr, sa rareté. Depuis la vente du «Cri», de Munch, l'an dernier à 112 millions de dollars, on sait à quel point les milliardaires sont prêts à toutes les folies pour obtenir leurs "trophées"», confiait récemment Matthieu Humery, expert chez Christie's, au magazine français L'Express.

Un marché à plusieurs vitesses

Mais à quelques semaines d'Art Basel, ces records peuvent laisser penser que les feux sont au vert pour le marché de l'art contemporain.

Une idée qu'il convient de nuancer: les oeuvres les plus prestigieuses et les plus recherchées continuent de s'envoler sous la pression des collectionneurs aux moyens quasi-illimités venus d'Asie et du Moyen-Orient. Mais les galeries qui se positionnent sur des artistes moins médiatiques connaissent quelques difficultés, en France notamment.

Ainsi, Jérôme et Emmanuelle de Noirmont ont annoncé récemment la fermeture prochaine de leur galerie parisienne.

La Suisse épargnée

Ilot de prospérité économique dans une Europe à la croissance anémiée, la Suisse tire aussi son épingle du jeu dans ce domaine-là. «Le marché de l’art moderne et contemporain est en plein essor à Genève: on note l’arrivée de collectionneurs et des galeries parisiennes (de la Béraudière, Xippas, Ceysson… )», relevait voici quelques mois Frédéric Elkaïm, formateur et consultant en art contemporain, dans un entretien accordé à Art Media Agency.

Sans verser dans l'euphorie, les spécialistes du domaine abordent donc les dernières semaines pré-Art Basel avec confiance. D'autant que l'édition 2013 marquera l'entrée dans les nouvelles halles signées Herzog & de Meuron. L'arrivée des horlogers et bijoutiers voici quelques semaines avait été couronnée de succès avec une édition record pour BaselWorld. Les galeristes et artistes espèrent le même baptême pour Art Basel. (Newsnet)

Créé: 21.05.2013, 10h06

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