Avec le recul de la clientèle allemande depuis une décennie, les responsables de structures hôtelières se retrouvent contraints de miser sur de nouveaux marchés. Certains optent pour une diversification vers les marchés émergents (Chine et Russie notamment).
Le potentiel des clients chinois
Tielishishan (Titlis), Caiermate (Zermatt), Yintelaken (Interlaken), Lusaien (Lucerne), Shaonüfeng (Jungfraujoch), Boerni (Berne), Dawosi (Davos): hotelleriesuisse incite ses adhérents, dans un document diffusé à l'été 2012, à siniser les noms afin de s'adapter à la clientèle de l'Empire du milieu.
Selon la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), le responsable de l'agence touristique de Lucerne, Marcel Perren, en contact avec le groupe hôtelier chinois Jin Jiang, s'attendait prochainement à des investissements de ce dernier en Suisse afin de viser spécifiquement la clientèle issue de Chine.
De l'hôtellerie au paramédical
Pour d'autres adresses, le changement de concept peut être tout aussi radical. A Villars-sur-Ollon, les Mazots du Clos accueillaient depuis 2006 leurs clients dans de petits chalets traditionnels réaménagés avec tout le confort moderne, avec un spa à disposition.
«Au moment où nous attendions que la fréquentation augmente, elle n'a pas décollé. Comme nous avions une fibre particulière pour la santé et le bien-être, nous avons monté un nouveau projet avec le Dr Michel Golay, Lonhea Alpine Clinic, qui s'oriente vers des séjours avec un vrai suivi paramédical et un programme personnalisé établi par le médecin», témoigne Anne Jubelin, qui dirigeait avec son compagnon les Mazots du Clos depuis 2006.
La montée en puissance des sites de réservation de dernière minute, les incertitudes quant à l'enneigement et le franc fort ont eu raison de leurs dernières hésitations: «Cela reste de l'hospitality, mais plus de l'hôtellerie au sens traditionnel; Notre coeur d'activité sera désormais la méthode médicale développée par le docteur Golay», précise Anne Jubelin.
Un centre de formation pour banquiers
D'autres changements de cap réinventent le concept scolaire: un milliardaire allemand a récemment racheté l'hôtel Hertenstein à Weggis (LU) pour l'intégrer à un centre de formation européen pour banquiers: «Il a aussi acquis un 5-étoiles voisin pour loger les formateurs, tandis que les élèves seront hébergés dans l'hôtel Hertenstein, moins luxueux», précise Thomas Allemann, membre de la direction d'hotelleriesuisse en charge de la classification.
Une autre tendance est celle des « budget design hôtels » des hôtels d'entrée de gamme à services réduits: «Une petite chambre, peu de services inclus mais davantage à la carte, afin de réduire le prix de l'hébergement et que le client puisse consacrer un budget plus important aux activités de loisirs et aux achats», analyse Thomas Allemann.
Prix réduits et commissions
Un tel exemple a vu le jour à Interlaken, dont le business model repose sur des partenariats avec des organismes de sports outdoor: des accords ont été conclus entre l'hôtelier qui loue ses chambres à des tarifs très réduits et le prestataire d'activités sportives, qui lui reverse une commission sur les clients que le premier lui envoie.
Si la crise n'a pas réduit les envies d'évasion des clients étrangers, les contraintes budgétaires ont un impact sur le chiffre d'affaires de l'hôtellerie suisse. Explorer des voies innovantes en cherchant de nouvelles clientèles peut permettre de surmonter les aléas économiques. (Newsnet)
Créé: 10.05.2013, 17h44
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