Sur l'ensemble de l'année 2012, la croissance devrait être nulle selon l'Insee, qui a révisé à la baisse ses chiffres sur la croissance au troisième trimestre 2012 (0,1% au lieu de 0,2%). Troisième partenaire commercial de la Suisse, la France a absorbé 7,8% des exportations suisses en 2011.
Directeur de la Chambre France-Suisse pour le commerce et l'industrie, Romain Duriez envisage une baisse des commandes sur certains secteurs, mais pointe aussi les atouts de l'économie suisse pour faire face à cette situation.
24 heures: - Après des mois de croissance faible à très faible, la France est officiellement en récession. Quel impact cela peut-il avoir sur les relations commerciales franco-suisses?
Romain Duriez: - France et Suisse sont des partenaires économiques très importants. Il faut s'attendre, dans cette situation, à ce que les commandes françaises baissent. Cela n'est pas spécifique aux relations franco-suisses, c'est le lot de toute relation commerciale. Mais pour la France, la situation de croissance faible sur le long terme renforce la tendance.
D'un point de vue sectoriel, certaines branches phares de l'économie suisse pourraient être davantage impactées. Ainsi, la chimie ou la pharmacie pourraient souffrir plus directement. Pour la pharmacie, à la situation de récession s'ajoute un autre facteur: le déremboursement progressif de certains traitements.
D'autres branches de l'industrie suisse, liées à l'économie française par des liens de sous-traitance, risquent également de subir une contraction du carnet de commandes.
A contrario, l'industrie du luxe devrait être relativement épargnée. Les consommateurs de ces produits-là sont moins sensibles, à court terme au moins, aux aléas de l'activité économique.
Qu'en est-il du tourisme?
Le tourisme est aussi un secteur potentiellement impacté par cette situation. Et là, le franc fort a déjà eu un impact ces derniers mois. Les séjours en Suisse sont devenus plus chers pour les Français. Ceux-ci risquent d'arbitrer différemment leurs prochains choix de vacances.
La situation n'est clairement plus aussi favorable pour l'industrie touristique suisse qu'elle pouvait l'être voici trois ou quatre ans, quand l'euro valait 1,5 franc. Cette situation est malheureusement généralisable à l'ensemble des pays de la zone euro.
Peut-on déjà évaluer l'ampleur de l'impact de la récession en France sur l'économie suisse?
Analyser cela aussi vite relèverait de la gageure. La personne qui voudrait déjà évaluer l'impact de la récession en France sur l'économie suisse aurait besoin d'une boule de cristal. Plus sérieusement, on peut évoquer des tendances, mais rien de quantifiable encore.
Ce qui est sûr, c'est que l'économie suisse est mieux armée que l'économie française pour faire face à ce genre de situation. Avec son marché intérieur important, l'économie française n'a pas la culture de l'exportation et dépend pour une bonne part de la consommation des ménages et de l'investissement de ses entreprises.
En Suisse, le marché intérieur plus réduit a conduit au développement d'une économie tournée vers les marchés extérieurs. Avec de grands groupes mais aussi un réseau de PME très réactives.
Et c'est cette réactivité qui peut permettre d'atténuer l'impact de la récession en France: quand la croissance d'un partenaire traditionnel est en berne, les entreprises suisses savent trouver des relais de croissance dans les pays émergents, en Asie ou en Amérique latine notamment. (Newsnet)
Créé: 15.05.2013, 12h37
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