Seuls 15,81% des votants se sont rebiffés. Lors de l'assemblée générale de 2012, pas moins de 40% des actionnaires avaient refusé en vote consultatif le rapport sur les rémunérations. En 2011, ils étaient 36% à avoir exprimé un vote négatif.
Au préalable, le rapport annuel a reçu jeudi l'aval de l'assemblée par 99,05% des voix. Plombée par des charges de restructuration et des provisions liées au scandale du Libor, la banque a clôturé l'exercice 2012 sur une perte de 2,51 milliards de francs, après un bénéfice de 4,1 milliards un an plus tôt.
L'ensemble des points inscrits à l'ordre du jour ont été approuvés. La proposition de dividende relevé de 0,10 à 0,15 franc a reçu l'aval de 99% des actionnaires et 89,6% d'entre eux ont accepté la décharge de l'organe de surveillance et de la direction.
Tous les administrateurs se sont vus reconduits dans leur mandat, à l'exception de Wolfgang Mayrhuber, président de Lufthansa, qui ne s'est pas représenté. Le directeur général de la Deutsche Börse, le Suisse Reto Francioni, a été élu pour le remplacer.
Hauts salaires critiqués
Une quarantaine d'intervenants ont toutefois vivement critiqué sur le podium les salaires et bonus octroyés aux responsables. Pour rappel, en 2012, l'enveloppe globale des membres de la direction s'est montée à 70,4 millions de francs, après 70,1 millions en 2011.
Le directeur général d'UBS, Sergio Ermotti, a perçu au total 8,9 millions de francs. Derrière lui, Robert McCann, directeur de la gestion de fortune dans les Amériques a obtenu au total 8,6 millions.
Le président du conseil d'administration Axel Weber, en fonction depuis mai 2012, a gagné 3,6 millions de francs, plus 2 millions et 200'000 actions UBS de prime d'arrivée. Son prédécesseur Kaspar Villliger a reçu quant à lui 0,6 million.
En outre, Andrea Orcel, appelé l'été dernier à restructurer la banque d'investissement, s'est vu offrir une prime de 25 millions de francs. La somme, qui sera versée par tranches, comporte un versement en liquide de 6,4 millions, le reste en actions UBS.
Revers et déceptions
Axel Weber ouvrait jeudi l'assemblée générale au terme de sa première année à la présidence de l'établissement aux trois clés. «L'année a été riche en événements et ne s'est pas déroulée sans revers ni déceptions», a-t-il déclaré. Il a par ailleurs été réélu par 94,67% des voix.
Désignant l'exercice comme «couronné de succès» dans l'ensemble, l'Allemand a évoqué ses priorités. Regagner la confiance perdue était et reste décisif, a-t-il réitéré. Pour assurer la réussite future, il n'y a, à son avis, aucune autre alternative que de «maîtriser le passé en y mettant systématiquement de l'ordre».
Les problèmes hérités du passé ont relégué dans l'ombre les progrès réalisés, relève Axel Weber. L'affaire du Libor, par exemple, a coûté à la banque un «compromis» de quelque 1,4 milliard de francs avec les autorités américaines, britanniques et suisses.
Modèle de rémunération modifié
Comme annoncé dès son arrivée l'an passé, Axel Weber a intensifié au cours des douze derniers mois le dialogue avec les actionnaires. Concrètement, ces échanges ont mené à une modification du modèle de rémunération afin de les lier davantage à la performance.
Ainsi celles octroyées au directoire du groupe au titre de 2012 ne comportaient aucune part en espèces, selon le président. Elles seront versées dans cinq ans, se trouvant ainsi soumises au risque de déchéance totale si la banque n'atteint pas ses objectifs.
La part de la rémunération liée à la performance pour les membres du directoire a en outre été plafonnée à 2,5% du bénéfice ajusté avant impôts. En 2012, le montant effectif a atteint 1,7% du bénéfice ajusté avant impôts.
«Malgré cela, je suis conscient que nous ne trouverons jamais une solution parfaite, approuvée sans réserve par toutes les parties prenantes», a conclu Axel Weber. Mais il s'est dit confiant d'avoir trouvé le bon équilibre.
Le 10 avril dernier, le rapport sur les rémunérations de la banque privée zurichoise Julius Baer a essuyé quant à lui un rejet par 63,9% des actionnaires lors du premier vote «say on pay» organisé par l'établissement. La semaine suivante, 60% de votants ont contesté celui du groupe bâlois de biotechnologies Actelion. (ats/Newsnet)
Créé: 02.05.2013, 16h26
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