Sunday, July 7, 2013

L'avenir des liens patronaux entre France et Suisse

L'avenir des liens patronaux entre France et Suisse

L'élection de Pierre Gattaz à la tête du patronat français pourrait ouvrir une nouvelle ère pour le dialogue social dans l'Hexagone. Quel impact son arrivée à la tête du Medef pourrait-elle avoir sur les liens avec la Suisse? Les patrons français ont un nouveau chef: Pierre Gattaz a succédé la semaine dernière à Laurence Parisot, qui dirigeait le Mouvement des entreprises de France (Medef) depuis 2005. Âgé de 53 ans, le fils d'Yvon Gattaz, président du CNPF (Conseil national du patronat français, ancêtre du Medef), tient les rênes de Radiall, entreprise industrielle spécialisée dans les connecteurs.

Le nouveau président du Medef a déjà annoncé un changement de cap. Dans ses discours de campagne, il a insisté sur un retour aux fondamentaux du patronat français: «Notre pays ne comprend pas ses entreprises et ses entrepreneurs», a-t-il asséné à plusieurs reprises ces derniers mois.

Le débat sur l'évasion fiscale des patrons en Suisse

Une baisse de 100 milliards d'euros des charges pesant sur les entreprises, une réduction massive de la dépense publique, une politique pour rendre moins complexe le code du travail ou encore le renoncement aux contrats aidés pour faire baisser le chômage: voilà des axes souvent évoqués par Pierre Gattaz.

Des thèmes qui, s'ils étaient suivis d'actes en ce sens, pourraient rapprocher quelque peu le modèle économique français du modèle suisse. Pourtant, la Suisse est rarement citée dans les déclarations publiques des dirigeants du Medef, qui préfèrent l'exemple allemand. Question de taille comparable des économies surtout. Mais aussi afin d'éviter le récurrent débat en France sur l'évasion fiscale et les comptes en Suisse (comme dans cette vidéo).



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En Suisse, le Medef a deux interlocuteurs principaux: Economiesuisse et l'Union patronale suisse (UPS). Et les relations se situent à deux niveaux: contacts bilatéraux en direct et participation à BUSINESSEUROPE, qui regroupe les faîtières patronales du continent.

Du côté d'Economiesuisse, on affirme entretenir de très bons rapports avec le Medef, notamment via un travail réalisé sur des dossiers majeurs ayant trait aux échanges commerciaux entre les deux pays. Une délégation d'Economiesuisse s'est d'ailleurs rendue à Paris en novembre 2012 pour faire avancer certains dossiers et renforcer la coopération.

«A l'avenir, nous espérons intensifier davantage les relations avec le Medef afin qu'elles reflètent mieux l'importance des relations économiques intenses entre nos deux pays», assurent les représentants d'Economiesuisse.

Un intérêt pour les recettes suisses

Pour sa part, Ruth Derrer Balladore, membre de la direction de l'UPS, rappelle que le Medef rassemble les missions divisées en Suisse entre Economiesuisse et l'Union patronale suisse: «Il n'y a pas, jusqu'à présent, de relations directes entre les deux instances patronales française et suisse, mais les contacts se font dans le cadre de BUSINESSEUROPE».

Et dans ce cadre continental, la position suisse était souvent moins cruciale que celle des autres pays, notamment en raison de sa position hors de l'Union européenne et de son cadre légal. Pourtant, la situation pourrait changer prochainement: «Nous assistons à un intérêt croissant de nos partenaires européens qui s'intéressent aux recettes qui font que la Suisse conserve une certaine croissance économique», constate Ruth Derrer Balladore.

Peut-être le prélude à des relations plus intenses entre le Medef et ses partenaires helvétiques, surtout si le nouveau président de la faîtière française arrive à remettre l'entreprise au coeur du débat. (Newsnet)

Créé: 08.07.2013, 07h15

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