L’homme qui fait trembler la classe politique française et des établissements bancaires en Suisse est attaqué de toutes parts. Sa carrière est chaotique, selon ses détracteurs. Elle serait remplie de mensonges et de dettes, disent-ils. Pierre Condamin-Gerbier, contacté par la Tribune de Genève, se défend vigoureusement.
Même son nom est remis en question. Selon le journal économique L’Agefi, il s’appellerait en réalité Pierre Paul André Gerbier. L’ex-cadre de la banque Reyl & Cie répond que c’est effectivement son nom officiel, mais qu’il a fait ajouter sur son passeport celui de la branche familiale maternelle à laquelle il est attaché. L’homme précise que «cette ridicule histoire de nom a bien fait rire toute la famille».
Son passé tumultueux semble, lui, moins anecdotique. La justice suisse a engagé plusieurs procédures à son encontre. Pierre Condamin-Gerbier a été condamné à une peine de trois mois avec sursis pour avoir utilisé une carte de crédit professionnelle d’UBS, alors qu’il y était employé, pour son propre compte. Le Français, qui a travaillé pour la première banque helvétique pendant neuf mois (de mai 2005 à janvier 2006) aurait, selon une source proche du dossier, effectué plus de 150 retraits avec cette carte pour un montant supérieur à 40’000 francs. L’employé est alors licencié.
«Comment cela se fait-il que le témoin clé d’une affaire d’une telle importance soit un repris de justice?» s’interrogent certains observateurs. Selon ces mêmes sources, le témoignage de Pierre Condamin-Gerbier aux enquêteurs de Mediapart serait par exemple rempli d’erreurs.
Le témoin a pourtant affirmé devant l’Assemblée nationale française n’avoir recouru à la carte d’UBS qu’à une seule reprise, ce qu’il confirme à la Tribune de Genève. «Mais je n’ai jamais retiré pour 40’000 francs, mais beaucoup moins», dit-il sans être plus précis. Pierre Condamin-Gerbier ne nie pas avoir été licencié par la banque suisse mais en conteste le motif. «J’ai été licencié parce que je voulais dénoncer les pratiques d’UBS à l’étranger», assure-t-il.
Selon L’Agefi, Pierre Condamin-Gerbier a été également été licencié par le groupe Reyl car il ne gérait pas de façon sérieuse ses dettes personnelles et qu’il avait caché sa condamnation chez UBS à ses nouveaux employeurs. L’accusé le reconnaît mais en conteste à nouveau les motifs. Pierre Condamin-Gerbier nie par contre avoir été licencié par la banque Bénédict Hentsch à Genève, comme l’insinue L’Agefi, pour la simple raison qu’il n’y a jamais été employé. «J’ai travaillé comme consultant pour la banque Bénédict Hentsch, ce qui est différent», dit-il.
Le témoin répond également aux attaques de son beau-père, avec lequel il est en mauvais termes, et qui a annoncé dans la presse que son gendre est un «mythomane» endetté et qu’il a été poursuivi pour cela. «Je tiens à dire que certes j’ai des dettes, mais qu’elles ne sont pas aussi grandes que le laisse entendre mon beau-père, dit-il. Je tiens également à dire que mon épouse et moi, nous avons porté plainte contre lui.» Pierre Condamin-Gerbier dit également fortement regretter que toutes ces attaques soient portées contre lui, à titre privé, que ce soit sur son compte Facebook ou contre sa famille. «J’attaquerai désormais en justice les médias qui véhiculent des propos mensongers sur ma vie personnelle», dit-il. Une plainte contre L’Agefi et le journal français Le Point est sur le point d’être déposée, ajoute-t-il.
Selon Pierre Condamin-Gerbier, ces accusations n’ont qu’un seul but: «décrédibiliser le témoignage». Il a cette semaine livré à la justice française une liste de 15 personnalités hexagonales qui ont détenu des comptes cachés en Suisse.
(24 heures)Créé: 05.07.2013, 20h51
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