Tuesday, May 21, 2013

Le grand déballage sur le scandale Cahuzac a commencé

Des députés ont entamé mardi - procédure rare en France - une série d'auditions publiques pour établir si Jérôme Cahuzac a bénéficié ou non de protections étatiques. En France, une série d'auditions dans l'affaire de l'ex-ministre ayant menti sur un compte bancaire secret à l'étranger a commencé.

Trois ministres en exercice devaient être entendus dans le cadre de ces auditions menées par une commission d'enquête parlementaire créée à la demande des centristes: Pierre Moscovici (Economie), ministre de tutelle de Jérôme Cahuzac pendant dix mois de mai 2012 à sa démission en mars 2013, Manuel Valls (Intérieur), et Christiane Taubira (Justice).

La commission vise à établir «d'éventuels dysfonctionnements» dans l'action de l'exécutif socialiste entre le 4 décembre 2012, date des premières révélations du site d'information «Mediapart» sur le compte en Suisse non déclaré de l'ex-ministre au Budget, et le 2 avril 2013, date de sa mise en examen.

Jérôme Cahuzac, inculpé pour blanchiment de fraude fiscale après avoir reconnu qu'il avait détenu un compte à l'étranger, comparaîtra également devant la commission à une date non encore rendue publique. Les députés doivent rendre leurs conclusions avant l'été.

«D'autres erreurs plus chroniques»

Mardi, l'ex-ministre a indiqué sur la radio privée RTL que sa fraude s'élevait au total à 685'000 euros. Il a aussi dit, sans autre précision, avoir «commis d'autres erreurs plus chroniques et plus récentes», mais réserver sur ce point ses explications à la justice.

«Je suis en train de faire un livre pour expliquer dans quel contexte les choses se sont passées, les raisons pour lesquelles j'ai été amené à avoir cette attitude», a déclaré l'ex-chirurgien prospère.

Avec deux journalistes de «Mediapart»

Dans la matinée, les deux journalistes de «Mediapart» à l'origine des révélations dans l'affaire Cahuzac, ont pris place devant les députés pour livrer leur version. «Tout ceux qui voulaient savoir au coeur de la République pouvaient savoir», a affirmé Edwy Plenel, fondateur en 2008 de «Mediapart».

Le journaliste a affirmé avoir rencontré le 18 décembre, deux semaines après les premières révélations, des collaborateurs du président François Hollande. Accompagné du journaliste Fabrice Arfi, Edwy Plenel a aussi dénoncé «l'utilisation de l'administration policière pour porter atteinte au secret des sources».

«La police a été mise en branle pour surveiller les rapports téléphoniques entre Edwy Plenel et l'un des protagonistes de l'affaire», a indiqué Fabrice Arfi. «Nous ne savons pas si le ministre de l'Intérieur en personne est au courant de ces investigations», a-t-il ajouté.

Mardi après-midi, la commission d'enquête, qui regroupe une dizaine de députés de droite et de gauche, devait entendre un ancien adversaire politique de Jérôme Cahuzac, Michel Gonelle. Cet avocat possédait depuis 2001 un enregistrement de Jérôme Cahuzac, réalisé à son insu, évoquant son compte suisse.

Alourdissement des sanctions

Successeur de Jérôme Cahuzac au poste de ministre du Budget, Bernard Cazeneuve a annoncé de son côté dans le quotidien «Le Parisien» un durcissement des sanctions contre la fraude fiscale, «jusqu'à sept ans de prison pour les cas les plus graves».

«Quant à ceux qui exercent des activités de blanchiment de fraude fiscale ou relèvent de la délinquance financière, ils encourront des poursuites pénales accrues», déclare également le ministre , sans les détailler.

Il indique également que le gouvernement va augmenter les capacités d'intervention de la police fiscale lui permettant «d'enquêter sur des comptes ouverts à l'étranger. Notamment la possibilité de procéder à des écoutes, infiltrations, gardes à vue allant jusqu'à quatre jours». Bernard Cazeneuve réaffirme également qu'«il n'y aura ni amnistie ni cellule de régularisation» des fraudeurs. (ats/afp/Newsnet)

Créé: 21.05.2013, 16h17

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