«L'idéal est d'avoir plusieurs taux différents»
Pour Alexia Bonnet, expert immobilier et sous-directrice d'Acanthe SA, cette hausse des taux entre 5 et 10 ans «pourrait notamment s'expliquer par l’activation du volant anticyclique demandé aux banques par le Conseil fédéral et qui devra être appliqué dès septembre. Une autre raison est sans doute l’amélioration des perspectives conjoncturelles de la zone euro ces prochaines années. Il est clair que les banques augmentent leurs marges».
Les banques anticipent a priori une hausse des taux sur les plus longues échéances, estime l'expert d'Acanthe, qui vient de publier son Observatoire 2013 du marché immobilier romand.
Panacher les échéances
«Les taux hypothécaires restant bas en comparaison historique incitent à privilégier dans la mesure du possible les taux fixes de longue durée. Un panachage des échéances reste une approche permettant au moment des renouvellements d'étaler dans le temps l'impact d'une éventuelle hausse des taux», ajoute pour sa part un expert de l'Observatoire BCV de l’économie vaudoise.
«Notons qu’en période de taux bas, un amortissement direct ou indirect représente une stratégie prudente à privilégier. Si l’amortissement réduit la charge hypothécaire en cas d’augmentation des taux, il permet également de conditionner le propriétaire à lisser la charge induite par son logement», ajoute-t-il.
L'acquisition reste un choix intéressant
Ce retour des taux à la hausse redonne de l'importance au choix d'une stratégie hypothécaire ciblée pour les personnes souhaitant acquérir un bien en recourant à l'emprunt.
«Le coût du prêt va forcément augmenter avec cette hausse des taux, mais il part de tellement bas que l'acquisition reste très intéressante dans les circonstances actuelles», estime Alexia Bonnet.
Pour bien calculer son coup, l'expert préconise une diversification des placements, avec un minimum de deux voire trois échéances: «échelonner ses échéances avec un taux à court terme, un autre à 5-10 ans et un dernier à 15 ans représente dans l'absolu le calcul le plus sûr».
Cette stratégie permet de ne pas placer tous ses œufs dans le même panier et de ne pas se retrouver étranglé par des paiements conséquents concentrés sur la même année.
L'influence du 2e pilier sur l'apport personnel
Un autre facteur entre en compte: la nouvelle directive de l'Association suisse des banquiers (ASB) qui limite l'apport personnel du 2e pilier à 10%. «Cette modification a eu un impact très important sur les stratégies d'acquisition des classes moyennes, qui doivent dans certains cas trouver d'autres sources pour leur apport ou revoir le type de bien ciblés notamment au niveau de la situation», analyse Alexia Bonnet.
Au niveau des prix de l'immobilier, le marché se stabilise dans les centres-villes, mais la hausse se poursuit dans les périphéries où les prix sont un peu plus bas: «Quand une famille veut se loger, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d'un besoin primaire. Le choix d’une maison ou d’un appartement est certes lié au prix, mais aussi aux qualités du bien et à sa localisation. La distance au lieu de travail, aux écoles ou au centre-ville sont à mettre dans la balance dans la décision d’achat», relativise Alexia Bonnet. (Newsnet)
Créé: 17.07.2013, 11h49
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